Etoposide

L’étoposide, commercialisé principalement sous les noms de Vepesid®, Celltop®, ou encore Etopophos® (sous forme phosphate), représente l’un des médicaments de chimiothérapie les plus anciens et les plus éprouvés en oncologie1. Il s’agit d’un dérivé semi-synthétique de la podophyllotoxine, une substance naturelle extraite des racines du pommier de mai américain (Podophyllum peltatum) et du Podophyllum emodi, isolée pour la première fois en 18801. Cette molécule appartient à la famille des épipodophyllotoxines et constitue un inhibiteur spécifique de la topoisomérase II.

L’histoire de l’étoposide remonte aux années 1950-1960, lorsque l’entreprise Sandoz a entrepris de synthétiser des dérivés de la podophyllotoxine pour réduire sa toxicité excessive tout en conservant son activité antitumorale1. Ces recherches ont abouti à l’étoposide, qui a été commercialisé aux États-Unis en 1983. Le médicament est disponible sous plusieurs formes : solution injectable pour perfusion intraveineuse à 20 mg/mL, capsules pour administration orale de 25 et 50 mg2,3, et sous forme phosphate (Etopophos®) offrant une meilleure stabilité et solubilité.

Comment agit l'Etoposide ?

Pour comprendre l’action de l’étoposide, il est essentiel de saisir le rôle crucial de la topoisomérase II dans la division cellulaire. Cette enzyme est responsable de la gestion de la structure de l’ADN pendant la réplication cellulaire, permettant de couper temporairement les brins d’ADN pour en relâcher les tensions, puis de les ressouder1,4. Les recherches menées entre 1976 et 1984 ont progressivement élucidé le mécanisme d’action de l’étoposide, révélant qu’il cible spécifiquement cette enzyme fondamentale1.

L’étoposide agit en se liant à la topoisomérase II et en formant un complexe stable avec l’ADN et l’enzyme5. Cette liaison empêche la topoisomérase II de refermer les cassures qu’elle a créées dans l’ADN, conduisant à l’accumulation de cassures permanentes tant sur les brins simples que sur les brins doubles1. Ces dommages irréparables à l’ADN déclenchent les mécanismes de mort cellulaire programmée (apoptose), particulièrement efficaces contre les cellules qui se divisent rapidement comme les cellules cancéreuses.

Le médicament agit de manière cycle-dépendante, étant particulièrement actif pendant les phases S (synthèse de l’ADN) et G2 (préparation à la mitose) du cycle cellulaire5. Il inhibe l’entrée en mitose des cellules tumorales, vraisemblablement par son action sur la topoisomérase II chargée de ressouder les brins d’ADN après leur cassure4. Contrairement à d’autres agents antimitotiques, l’étoposide n’inhibe pas l’assemblage des microtubules4. Aux fortes concentrations, une lyse directe des cellules en mitose peut également être observée4.

Indications thérapeutiques et efficacité clinique

L’étoposide a démontré son efficacité remarquable dans le traitement de nombreux types de cancers, établissant des standards de soins dans plusieurs indications majeures. Selon les autorisations de mise sur marché actuelles, il est indiqué en association avec d’autres agents de chimiothérapie dans le traitement du cancer testiculaire primaire, récidivant ou réfractaire, du cancer du poumon à petites cellules, des lymphomes de Hodgkin et non-hodgkiniens, de la leucémie aiguë myéloïde, des néoplasies trophoblastiques gestationnelles, et du cancer de l’ovaire6,7.

Efficacité dans le cancer du testicule

Le cancer du testicule représente l’une des plus grandes réussites de l’étoposide et de la chimiothérapie moderne. Les progrès de la chimiothérapie au cours des années 1970, notamment avec l’introduction de l’étoposide dans les protocoles BEP (bléomycine, étoposide, cisplatine), ont fait du cancer des testicules l’une des tumeurs solides les plus curables, avec un taux de survie à cinq ans de plus de 95%8. Le protocole BEP standard comprend 30 mg de bléomycine hebdomadaire, 500 mg/m² d’étoposide sur 5 jours, et 100 mg/m² de cisplatine9.

Les études cliniques ont établi que 3 cycles de BEP constituent le traitement optimal pour les tumeurs germinales non séminomateuses de bon pronostic, tandis que 4 cycles de BEP sont nécessaires pour les cancers de mauvais pronostic9. L’étude de l’EORTC a confirmé l’efficacité similaire entre BEP et VIP (étoposide, ifosfamide, cisplatine) dans les cancers réfractaires9. Pour les patients ne pouvant recevoir la bléomycine en raison de toxicité pulmonaire, l’association EP (étoposide-cisplatine) constitue une alternative efficace10.

Cancer du poumon à petites cellules

Dans le cancer du poumon à petites cellules (CPPC), l’étoposide demeure un pilier du traitement depuis des décennies. Il s’agit de l’une des tumeurs solides les plus chimiosensibles11, et le traitement recommandé comporte quatre à six cycles de chimiothérapie par sel de platine et étoposide, permettant d’obtenir un taux de réponse de 60 à 70%11. Les associations les plus fréquemment utilisées sont cisplatine-étoposide ou carboplatine-étoposide12,13.

Une étude rétrospective française portant sur 170 patients traités par carboplatine-étoposide a montré une survie moyenne de 12 mois pour l’ensemble des patients CPPC, avec 16 mois pour les maladies localisées et 8,5 mois pour les maladies disséminées13. La combinaison carboplatine-étoposide se distingue par sa faible toxicité et le confort de vie qu’elle offre aux patients13. Plus récemment, l’association d’immunothérapies comme l’atezolizumab au carboplatine et à l’étoposide a encore amélioré les résultats dans cette indication12.

Lymphomes et leucémies

L’étoposide joue un rôle crucial dans le traitement des hémopathies malignes. Dans les lymphomes, il est utilisé dans de nombreuses indications incluant le lymphome de Burkitt chez les adultes de 65 ans ou moins, le traitement initial du lymphome hodgkinien avancé (recommandé uniquement chez les patients de moins de 60 ans), le lymphome de Hodgkin récidivant ou réfractaire, et diverses formes de lymphomes non-hodgkiniens14. Il est également utilisé pour la mobilisation des cellules souches du sang périphérique avant transplantation14.

Dans les leucémies aiguës myéloïdes, l’étoposide est indiqué en association avec d’autres agents tant chez l’adulte que chez les patients pédiatriques7. Il démontre une réelle efficacité dans le traitement des cancers du poumon non à petites cellules, des lymphomes malins et des cancers ovariens15.

Cancer de la prostate résistant à la castration

Une étude récente incluant 100 patients avec cancer de la prostate métastatique résistant à la castration a comparé l’association étoposide-cisplatine (EP) au traitement standard par docétaxel-prednisone16. Les résultats ont montré que le régime EP améliorait significativement le taux de survie à 3 ans sans augmenter les effets indésirables16. Le temps de survie médian était de 18 mois dans le groupe EP contre 15,9 mois dans le groupe contrôle (p=0,040)16.

Comment est-il administré ?

L’étoposide peut être administré par voie intraveineuse ou par voie orale, selon l’indication et la situation clinique. Les deux formes présentent des caractéristiques pharmacocinétiques différentes qui influencent leur utilisation respective.

Administration intraveineuse

La voie intraveineuse demeure la plus couramment utilisée en milieu hospitalier. Les doses habituelles varient de 50 à 100 mg/m² par jour pendant 3 à 5 jours consécutifs, toutes les 3 à 4 semaines17. Pour le cancer du testicule, la dose standard est de 50 à 100 mg/m² par jour sur 5 jours ou 100 mg/m² les jours 1, 3 et 517. Dans le cancer du poumon à petites cellules, les doses sont généralement de 35 à 50 mg/m² par jour pendant 4 à 5 jours17.

L’étoposide doit être administré en perfusion lente sur 30 à 60 minutes minimum pour éviter l’hypotension18,19. Une perfusion plus rapide peut provoquer une chute tensionnelle significative et des réactions allergiques sévères18. Le médicament doit être dilué dans du sérum glucosé à 5% ou du chlorure de sodium à 0,9% avec une concentration finale de 0,2 à 0,4 mg/mL19. L’Etopophos® (forme phosphate) peut être administré en perfusion plus courte de 30 minutes et tolère des concentrations plus élevées19.

Administration orale

La voie orale présente l’avantage d’une administration à domicile et d’une meilleure qualité de vie pour les patients. La dose habituelle par voie orale est de 100 à 200 mg/m²/jour les jours 1 à 5 ou 200 mg/m²/jour les jours 1, 3 et 5 toutes les 3 à 4 semaines3,20. En raison de la biodisponibilité variable (environ 50% en moyenne), la dose orale doit être ajustée : une dose orale de 100 mg sera comparable à une dose intraveineuse de 75 mg, et une dose orale de 400 mg sera comparable à une dose intraveineuse de 200 mg3.

Les doses quotidiennes supérieures à 200 mg doivent être divisées en deux prises par jour pour optimiser l’absorption3,20. Les capsules doivent être prises avec un verre d’eau sur un estomac vide20. Un schéma alternatif utilise 50 mg/m²/jour pendant 2 à 3 semaines avec des cycles répétés après une semaine de repos ou lors de la récupération de la fonction médullaire3,20.

Profil de sécurité et effets indésirables

Le profil de sécurité de l’étoposide est bien caractérisé après des décennies d’utilisation clinique. Les effets secondaires les plus fréquents incluent la myélosuppression (suppression de la fonction de la moelle osseuse), qui constitue l’effet limitant la dose, l’alopécie, les nausées et vomissements, et divers effets moins fréquents mais potentiellement graves18,22,2.

Effets hématologiques

La myélosuppression représente l’effet secondaire le plus important et dose-limitant de l’étoposide2. Elle se manifeste par une neutropénie (diminution des globules blancs), une thrombopénie (diminution des plaquettes), et une anémie18,22. Le nadir des granulocytes se produit entre 7 et 14 jours et celui des plaquettes entre 9 et 16 jours après l’administration2. La récupération de la moelle osseuse survient habituellement dans les 20 jours, et aucune toxicité cumulative n’a été signalée2.

Cette myélosuppression expose les patients à un risque accru d’infection en raison de la neutropénie, de saignements en raison de la thrombopénie, et de fatigue en raison de l’anémie18,22. Une surveillance sanguine régulière est indispensable, et des interruptions ou réductions de dose peuvent être nécessaires2.

Effets gastro-intestinaux

Les nausées et vomissements sont fréquents mais généralement modérés et bien contrôlés par les antiémétiques modernes18,22. La diarrhée peut survenir, ainsi que des aphtes (ulcérations buccales) chez environ 2% des patients2. La perte d’appétit est également fréquemment rapportée18,22.

Alopécie

L’alopécie (perte de cheveux) est très fréquente, observée chez 66% des patients2. Elle est réversible et peut parfois évoluer vers une calvitie totale temporaire2. La repousse des cheveux commence généralement pendant le traitement ou peu après son arrêt15.

Effets cardiovasculaires

L’hypotension (baisse de la tension artérielle) constitue un effet secondaire spécifique de l’administration intraveineuse, particulièrement en cas de perfusion trop rapide18,22. Des épisodes d’apnée ont été décrits chez des patients recevant une perfusion d’étoposide, la respiration normale revenant spontanément après l’arrêt du traitement2. Une surveillance cardiovasculaire est donc nécessaire pendant les perfusions.

Effets neurologiques

Une neuropathie périphérique (engourdissement ou picotements dans les mains ou les pieds) a été signalée chez 0,7% des patients2. Des cas rares de syndrome d’encéphalopathie postérieure réversible ont été rapportés chez des patients traités par l’étoposide en association avec d’autres agents antinéoplasiques2.

Réactions allergiques

Des réactions allergiques peuvent survenir pendant ou peu de temps après l’administration, se manifestant par de la fièvre, d’importantes éruptions cutanées, des démangeaisons, un gonflement du visage, des lèvres ou de la langue, et un serrement à la poitrine ou à la gorge23. Ces réactions nécessitent des soins médicaux d’urgence immédiate23.

Effets tardifs

L’étoposide peut induire des leucémies aiguës secondaires, particulièrement des leucémies aiguës myéloïdes, plusieurs années après le traitement18,2. Ce risque est proportionnel à la dose cumulative reçue et nécessite une surveillance hématologique prolongée après le traitement.

Surveillance médicale et suivi

Une surveillance médicale rigoureuse est absolument essentielle tout au long du traitement par étoposide. Cette surveillance comprend des examens cliniques réguliers et des analyses biologiques fréquentes pour détecter précocement les effets secondaires et adapter le traitement si nécessaire.

Avant chaque cycle, une numération sanguine complète doit être réalisée pour vérifier les taux de globules blancs, de plaquettes et d’hémoglobine2. Les fonctions hépatique et rénale doivent également être surveillées régulièrement2. La tension artérielle doit être contrôlée avant et après l’administration par voie intraveineuse18.

Il est crucial de signaler immédiatement tout signe d’infection (fièvre, frissons, maux de gorge), de saignement (bleus inexpliqués, saignements de nez, sang dans les urines ou les selles), ou de fatigue extrême23,22. L’apparition de symptômes respiratoires, de douleurs thoraciques, de jaunisse, ou de tout symptôme neurologique doit également être rapportée sans délai.

Contre-indications et précautions spéciales

L’étoposide ne doit pas être administré aux personnes ayant manifesté une hypersensibilité à ce médicament ou à l’un de ses ingrédients2. Il est également contre-indiqué chez les patients atteints de leucopénie grave, de thrombocytopénie sévère, ainsi que d’insuffisance hépatique ou rénale grave2.

Grossesse et contraception

L’étoposide peut être nocif pour le fœtus lorsqu’il est administré chez la femme enceinte24. Il ne doit pas être utilisé au cours de la grossesse, sauf si l’état clinique de la femme justifie un tel traitement24. Les femmes en âge de procréer doivent utiliser des moyens de contraception appropriés pour éviter toute grossesse pendant le traitement24.

En raison du potentiel mutagène de l’étoposide, une contraception efficace est nécessaire, tant chez les hommes que chez les femmes, pendant le traitement et jusqu’à 6 mois après l’arrêt du traitement24,25. Une consultation génétique est recommandée si le patient souhaite avoir des enfants après la fin du traitement24.

L’allaitement est contre-indiqué pendant le traitement par étoposide compte tenu des nombreuses incertitudes quant à un effet nocif possible chez le nourrisson25.

Impact sur la qualité de vie

Contrairement aux idées reçues sur la chimiothérapie, l’étoposide peut dans certaines situations améliorer la qualité de vie des patients. Une étude contrôlée multicentrique chez des patients atteints de cancer du poumon non à petites cellules avancé a comparé les soins de support seuls aux soins de support plus chimiothérapie par carboplatine et étoposide26.

Les résultats ont montré que les patients du groupe chimiothérapie rapportaient un meilleur fonctionnement physique général et un meilleur contrôle des symptômes comparés au groupe soins de support seuls26. Les différences étaient moins marquées dans le domaine psychosocial, bien que des tendances favorables au groupe chimiothérapie aient été observées26. Aucune différence significative n’a été observée en faveur du groupe soins de support seuls, excepté pour la perte de cheveux26.

Les temps de survie médiane étaient de 29 semaines dans le groupe chimiothérapie contre 11 semaines dans le groupe soins de support, et les taux de survie à 1 an étaient de 28% contre 8%26. Cette étude démontre que le traitement par carboplatine et étoposide peut améliorer à la fois la qualité de vie et la survie des patients atteints de cancer du poumon avancé26.

L’étoposide oral, en particulier, est considéré comme l’une des chimiothérapies orales les plus douces actuellement disponibles15. Les effets secondaires sont minimaux et il fournit au patient une bonne qualité de vie15. La nausée peut être facilement combattue avec des antiémétiques oraux, la perte de cheveux est minimale et les cheveux repoussent pendant le traitement15.

Conseils pratiques pour optimiser votre traitement

Pour tirer le meilleur parti de votre traitement par étoposide, plusieurs recommandations pratiques peuvent vous aider significativement. Maintenez une excellente hydratation, particulièrement importante pour protéger vos reins et faciliter l’élimination du médicament. L’objectif est de boire au moins 2 litres d’eau par jour, sauf contre-indication médicale spécifique.

Tenez un carnet de suivi détaillé où vous noterez quotidiennement votre température, l’apparition de tout symptôme (fatigue, essoufflement, saignements, signes d’infection), votre appétit et votre état général. Ces informations seront précieuses pour votre oncologue lors des consultations de suivi et permettront une détection précoce d’éventuels effets secondaires.

Soyez particulièrement vigilant aux signes d’infection en raison de la diminution possible de vos défenses immunitaires : fièvre, frissons, maux de gorge, toux persistante. Évitez les contacts avec des personnes malades et respectez scrupuleusement les mesures d’hygiène. De même, surveillez tout signe de saignement anormal en raison de la possible diminution des plaquettes.

Si vous recevez l’étoposide par voie orale, prenez les capsules avec un verre d’eau sur un estomac vide pour optimiser l’absorption20. Respectez scrupuleusement les horaires de prise et ne doublez jamais la dose en cas d’oubli20. Les aliments peuvent interférer avec l’absorption intestinale, d’où l’importance de prendre le médicament à jeun25.

Signalez immédiatement tout nouveau médicament, complément alimentaire, ou remède naturel que vous souhaitez prendre. Cette précaution est importante car de nombreuses interactions peuvent affecter l’efficacité du traitement ou augmenter le risque d’effets secondaires. L’automédication n’est pas recommandée pendant le traitement24.

Références principales:
Documents officiels et réglementaires

– Résumé des Caractéristiques du Produit VEPESID® (étoposide) – AFMPS3
– Avis HAS ETOPOSIDE TEVA solution à diluer pour perfusion – Commission de la Transparence6
– Monographie de Produit VEPESID® (étoposide) – Santé Canada2
– Indications ETOPOSIDE TEVA – ANSM7
– Notice patient EMA VEPESID, INN-etoposide20

Mécanisme d’action

– Étoposide mécanisme d’action, Wikipédia1
– Substance active étoposide, VIDAL4
– Etoposide mechanism of action, DrugBank5
– Population pharmacokinetics oral etoposide, PMC21
– Alteration etoposide pharmacokinetics cyclosporine, PubMed32

Études cliniques fondamentales

– Effects etoposide combined cisplatin prostate cancer prognosis, PMC16
– Traitement cancer broncho-pulmonaire carboplatine/étoposide, LISSA13
– Quality of life survival carboplatin etoposide NSCLC, PubMed26
– BEP chemotherapy testicular cancer, Cancer Research UK33
– Chimiothérapie cancer du testicule, Société canadienne du cancer10

Revues des effets indésirables et toxicités

– Administration étoposide patients cancer, St. Jude Together18
– Etoposide side effects, Uniprix22
– Patient information etoposide, Cancer Care Ontario23
– Gliomes malins étoposide VP-16, GFME15

Documents utiles:

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