Datroway : un nouvel espoir pour les patientes atteintes d’un cancer du sein triple négatif métastatique


AstraZeneca et Daiichi Sankyo viennent d’annoncer des résultats très encourageants pour Datroway, un nouveau médicament utilisé en 1ère ligne chez les patientes atteintes d’un cancer du sein triple négatif métastatique, pour lesquelles l’immunothérapie n’est pas une option.

Qu’est-ce que le cancer du sein triple négatif métastatique ?

Le cancer du sein triple négatif représente environ 15% des cancers du sein. Il ne possède ni récepteurs hormonaux ni surexpression de la protéine HER2, ce qui le rend particulièrement agressif et difficile à traiter. Lorsqu’il devient métastatique, il se propage à d’autres parties du corps et concerne souvent des patientes plus jeunes.

Pourquoi cette annonce est importante ?

Jusqu’ici, le traitement standard pour les patientes pour qui l’immunothérapie est impossible restait la chimiothérapie. Environ 70% des patientes avec un cancer du sein triple négatif métastatique ne peuvent pas bénéficier d’immunothérapie.

L’étude internationale de phase III, TROPION-Breast02, a montré que Datroway améliore de manière significative la survie globale (le temps de vie après le début du traitement) et la survie sans progression (le temps où la maladie ne s’aggrave pas) par rapport aux chimiothérapies classiques.

Quelques chiffres marquants
  • Datroway est le premier médicament à apporter un bénéfice de survie globale en première ligne chez ce type de patientes.

  • L’essai clinique a inclus 644 patientes à travers le monde, comparant Datroway à différentes chimiothérapies.

  • Le profil de sécurité de Datroway est similaire à celui observé lors d’essais précédents, sans nouvelles alertes majeures.

Qu’est-ce que Datroway ?

Datroway est un médicament issu d’une technologie innovante appelée anticorps conjugué. Il cible une protéine, appelée TROP2, présente en grande quantité sur les cellules cancéreuses du sein triple négatif. Datroway permet de délivrer directement une substance chimique anticancéreuse à la cellule tumorale, limitant ainsi l’atteinte des cellules saines environnantes.

Que changent ces résultats pour les patientes ?

Pour toutes celles qui ne peuvent pas bénéficier de l’immunothérapie, Datroway ouvre une nouvelle voie thérapeutique et constitue une avancée majeure, là où peu de progrès avaient été réalisés ces dernières années. La survie est améliorée tout en conservant une tolérance acceptable.

Si ces résultats sont confirmés lors de la présentation ESMO, il s’agira de la première démonstration d’un bénéfice de survie globale par un ADC ciblant TROP2 en première ligne chez les patientes TNBC immunothérapeutique-ineligible. Cette avancée rompra avec plusieurs décennies de statu quo, pendant lesquelles peu de progrès majeurs ont été réalisés pour ces patientes, dont la survie médiane après échec des traitements antérieurs restait limitée à quelques mois. De plus, elle illustrera la puissance des ADC, capables de conjuguer la spécificité d’un anticorps dirigé contre TROP2 à la puissance d’un agent cytotoxique, pour délivrer un traitement ciblé et limiter l’exposition systémique, améliorant ainsi l’efficacité et la tolérance.

Profile de tolérance et points de vigilance

Le profil de tolérance rapporté par le laboratoire pour l’étude TROPION-Breast02 reste aligné sur les données des phases antérieures :

  • Principaux effets indésirables : stomatites, fatigue, neutropénies et épisodes de thrombocytopénie.

  • Attention particulière : surveillance des pneumopathies médicamenteuses, rares mais potentiellement graves.

  • Gestion en pratique : dose modifications et traitement de support (antifongiques, facteurs de croissance hématopoïétique) pour prévenir et prendre en charge les toxicités.

La mise en place d’un suivi rigoureux en pneumologie, hématologie et oncologie est indispensable pour optimiser la tolérance tout en maintenant l’efficacité

Défis d’accès et perspectives réglementaires

Avant d’être intégré aux recommandations de traitement, Datroway devra recevoir l’autorisation de mise sur le marché (AMM) auprès des agences européennes et américaines, suivie de négociations de prix et de remboursement :

  • Coût des ADC : le prix élevé peut retarder l’accès et nécessite des démarches de tarification innovantes (accords de performance, remboursement conditionnel).

  • Infrastructure hospitalière : nécessité de centres expérimentés pour l’administration intraveineuse, la gestion des perfusions et la prise en charge des effets indésirables spécifiques.

  • Formation des équipes : oncologues, infirmières et pharmaciens doivent être formés aux protocoles Datroway et aux mesures de sécurité associées.

Considérations cliniques et recherche future
  • Biomarqueurs prédictifs : identification de marqueurs moléculaires ou d’imagerie pour mieux sélectionner les patientes susceptibles de bénéficier de Datroway.

  • Combinaisons thérapeutiques : étude d’associations avec d’autres ADC, inhibiteurs de checkpoints ou thérapies ciblées pour potentialiser l’efficacité.

  • Qualité de vie : intégration systématique de mesures patient-reported outcomes (PRO) pour évaluer l’impact fonctionnel et symptomatique du traitement à long terme.

  • Durée optimale de traitement : définir le meilleur schéma posologique et la durée de traitement pour un équilibre bénéfice-risque maximal.

 


Pour toutes questions concernant ce traitement ou pour en savoir plus sur les options thérapeutiques dans votre situation, n’hésitez pas à en parler avec votre oncologue. Le dialogue avec votre équipe soignante reste essentiel pour adapter la prise en charge à votre cas particulier.


Article inspiré des résultats de l’étude TROPION-Breast02 publiés par AstraZeneca.

  1. https://www.astrazeneca.com/media-centre/press-releases/2025/datroway-improved-os-and-pfs-in-tropion-breast02.html

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