Cancer urothélial métastatique : une avancée prouvée de la survie grâce aux immunothérapies et conjugués anticorps-médicaments

Le cancer urothélial, qui touche principalement la vessie mais aussi les autres parties du système urinaire, est une forme redoutée par sa tendance à s’étendre à distance (métastases). Pendant de nombreuses années, les options thérapeutiques étaient limitées et le pronostic restait sombre : on estimait que moins de 5 % des patients atteignaient cinq ans de survie après le diagnostic à un stade métastatique.

Mais depuis une dizaine d’années, la prise en charge a changé de visage grâce à deux avancées majeures : les immunothérapies (ICIs) et les conjugués anticorps-médicaments (ADC).

Deux révolutions thérapeutiques
  • Les inhibiteurs de points de contrôle immunitaires (ICIs), comme le pembrolizumab ou l’atezolizumab, sont des médicaments capables de « désinhiber » le système immunitaire du patient, permettant à ses propres défenses d’attaquer plus efficacement les cellules cancéreuses.
  • Les conjugués anticorps-médicaments (ADC), tels que l’enfortumab vedotin, représentent une autre innovation : ils combinent un anticorps qui cible efficacement la tumeur avec un agent cytotoxique, permettant un « ciblage de précision » directement au cœur de la cellule cancéreuse.

 

Une étude basée sur des données réelles

L’étude menée par le Dr Lian et ses collègues (Université de Pennsylvanie, USA) a examiné de façon rétrospective les données de 8 955 patients américains ayant commencé un traitement systémique pour un cancer urothélial métastatique entre 2011 et 2023. Les données proviennent d’un vaste réseau de centres de soins communautaires aux États-Unis.

Les chercheurs ont découpé les patients en trois périodes :

  • 2011-2016 : avant l’introduction des ICIs
  • 2017-2019 : ICIs disponibles, ADCs pas encore
  • 2020-2023 : accès possible aux deux types de traitements innovants

Pour plus de robustesse statistique, les analyses ont permis d’équilibrer l’âge, le sexe, le type de tumeur, le stade, l’état général, ou encore le mode de prise en charge entre les groupes grâce à des méthodes d’ajustement (IPTW, Kaplan-Meier).

 

Ce que montrent les résultats
Survie à moyen et long terme : une nette progression

Avant 2017, seulement 19 % des patients étaient encore en vie trois ans après le début de leur traitement. Ce chiffre monte à 23 % dès l’arrivée des immunothérapies, puis grimpe à 28 % après introduction des ADCs. Cela représente un bond absolu de 8,4 points et un progrès relatif de 44 % sur l’ensemble de la décennie !

Autre bonne nouvelle : la survie médiane, c’est-à-dire le délai auquel 50 % des patients sont encore vivants après traitement, passe de 11,1 à 13,6 mois.

Une avancée en « vraie vie »

Les études cliniques contrôlées montrent souvent des résultats très positifs, mais il restait à vérifier que ces bénéfices s’observent aussi dans la pratique courante, chez tous les patients et pas seulement dans certains centres spécialisés. L’étude montre que ce progrès est bien réel, y compris dans les hôpitaux dits « communautaires ».

Pour quels profils ?

L’effet bénéfique est large, quelles que soient les caractéristiques (âge, sexe, statut tabagique, stade initial, type de structure de soins), preuve supplémentaire de l’innovation pour tous.

À noter cependant : la proportion de patients ayant reçu ces innovations atteignait 38 % fin 2024, indiquant qu’il existe encore une marge de progrès pour l’accès à tous.

 

Pourquoi cela bouleverse la prise en charge ?

Davantage de patients vivent plus longtemps, parfois dans de meilleures conditions, en raison de traitements mieux tolérés et plus efficaces. L’arrivée récente de combinaisons entre ADC et ICIs (autorisation en décembre 2023) laisse aussi espérer de futurs résultats encore meilleurs, même si le recul reste court à ce jour.

Les limites à garder en tête

Les auteurs rappellent que l’étude porte surtout sur des centres communautaires américains (pas forcément sur tous les continents). Le suivi des patients ayant reçu les toutes dernières combinaisons est encore court, il faudra donc attendre pour un bilan définitif sur ces schémas. D’autres facteurs comme le choix du traitement ou l’accès à l’innovation peuvent varier d’un centre à l’autre.

À retenir pour les patients et leurs proches
  • Les traitements du cancer urothélial métastatique évoluent : il ne faut pas hésiter à aborder la question des nouvelles options avec son cancérologue (immunothérapie, ADC, essais cliniques).
  • Les progrès concernent désormais la vraie vie, pour toutes et tous, et améliorent réellement la survie.
  • Il reste essentiel de se mobiliser pour défendre l’accès à l’innovation partout et pour chacun.

L’association reste à vos côtés pour décrypter les avancées, soutenir vos démarches et porter la voix des patients. N’hésitez pas à nous contacter pour toute question ou besoin d’accompagnement.

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